Les sels de nicotine connaissent un succès public grandissant, par l’effet qu’ils produisent dans les e-liquides dans lesquels ils sont incorporés. Cependant, on trouve sous la dénomination « sels de nicotine » des réalités très différentes. Cette mise au point ne traite que le cas des trois sels de nicotine les plus courants (benzoate, lévulinate et lactate), mais la problématique reste identique pour les autres sels de nicotine du marché (citrate, pyruvate, malate, succinate), plus rarement utilisés.

Préparation et réalité chimique

Un sel est obtenu en associant un acide et une base par liaison ionique.

Pour faire simple, une liaison ionique ressemble à l’attraction de deux aimants l’un vers l’autre. Les cristaux qui en sont issus sont généralement solubles dans l’eau, sensibles au pH et à l’électronégativité (puisque leur association est de type électrostatique). Le liquide ainsi obtenu traverse, dans un premier temps, une résistance où il subit une influence électrostatique, puis l’environnement buccal dont le pH est alcalin.

Il existe des sels minéraux qui associent des métaux et des minéraux, comme le sel de table et des sels organiques qui associent des molécules carbonées et oxygènées, comme dans le cas qui nous intéresse ici.

 

Etape 1 : Obtention des cristaux

En mélangeant les deux composés dans des conditions très précises d’acidité (pH), de température, mais surtout de proportion relative et après évaporation du solvant, les deux molécules se lient de manière stable. Un sel de nicotine n’est pas un liquide, mais un cristal, de point de fusion de l’ordre de 18,7°C qui contient les proportions d’acides et de nicotine suivantes, selon le sel considéré :

Benzoate de nicotine : 57,05% de nicotine et 42,95% d’acide benzoïque.

Salicylate de nicotine : 54,02% de nicotine et 46,01% d’acide salicylique.

Lévulinate de nicotine : 58,29% de nicotine et 41,71% d’acide lévunique

C’est sous cette forme de cristal, dont la pureté doit être systématiquement contrôlée, et dont nous avons un témoin pur au laboratoire, que le produit est vendu aux fabricants. Un procédé bien maitrisé conduit à des cristaux d’une pureté supérieure à 99,8%, alors qu’un mécanisme réactionnel approximatif conduit à la présence d’acide ou de nicotine libres qui rendent le produit fini potentiellement dangereux.

Etape 2 : Dilution

L’intermédiaire suivant dilue les cristaux dans un mélange PG/VG puis les revend aux formulateurs.

Après analyses, on constate au laboratoire que moins de 20% des échantillons analysés sont conformes aux indications des fiches techniques et d’étiquetage. Dans le meilleur des cas, les concentrations sont plus faibles qu’annoncées, dans le pire elles sont totalement fantaisistes si bien que le formulateur ne connaît pas le taux de nicotine du produit fini qu’il propose aux consommateurs avant mise sur le marché, ce qui peut lui poser un vrai problème d’étiquetage.

Il convient de noter que les organismes français et européens compétents (l’ANSES, DGCCRF et EFAS) ne considèrent que le taux réel de nicotine libre contenu dans le produit fini selon la législation existante.

Avantages et inconvénients des sels par rapport à la nicotine libre.

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